RGAA, WCAG, EAA… l’accessibilité numérique est devenue un sujet incontournable pour les entreprises françaises, mais ces acronymes restent souvent flous. Dans cet article, on vous explique ce que sont le WCAG (la norme internationale) et le RGAA (son application légale française), en quoi ils diffèrent, et pourquoi vous devez vous y intéresser de près depuis l’entrée en vigueur de l’European Accessibility Act en juin 2025. Spoiler : si votre site n’est pas encore accessible, vous n’êtes pas seul, mais il est temps d’agir.

RGAA, WCAG : c’est quoi ?

Lors d’un brief, d’un audit ou d’une réunion avec votre prestataire web, ces deux acronymes ont peut-être surgi sans crier gare : RGAA, WCAG. Deux suites de lettres qui semblent techniques, voire intimidantes, mais qui désignent en réalité des concepts accessibles à tous et de plus en plus incontournables pour votre site.


En France, l’accessibilité numérique n’est plus un sujet réservé aux grandes administrations. Depuis 2025, les obligations s’étendent progressivement aux entreprises privées. Comprendre la différence entre RGAA et WCAG, c’est comprendre ce qu’on vous demande et pourquoi c’est dans votre intérêt d’agir dès à présent.

L’accessibilité web, concrètement qu’est ce que c’est ?

Définition

Accessibilité web


Elle désigne la capacité d’un site internet à être utilisé par tous, sans exception. Cela inclut les personnes en situation de handicap visuel, auditif, moteur ou cognitif, mais aussi les seniors, les utilisateurs sur mobile avec une mauvaise connexion, ou encore ceux qui naviguent sans souris.

En France, près de 12 millions de personnes sont concernées par une forme de handicap. Autant de visiteurs potentiels qui peuvent se retrouver bloqués face à un bouton illisible, une vidéo sans sous-titres ou un formulaire impossible à remplir au clavier.


Les normes d’accessibilité web existent précisément pour éviter ces situations. Elles définissent un ensemble de règles techniques et éditoriales que les sites doivent respecter pour garantir un accès équitable à l’information et aux services en ligne.

Le WCAG : la référence internationale de l’accessibilité

Définition

WCAG

Les WCAG (Web Content Accessibility Guidelines) sont des recommandations publiées par le W3C (World Wide Web Consortium), l’organisme qui définit les standards du web à l’échelle mondiale. Adoptées par plus de 40 pays, elles constituent la base sur laquelle s’appuient la quasi-totalité des législations nationales en matière d’accessibilité numérique.

Ces recommandations s’organisent autour de quatre grands principes, résumés par l’acronyme POUR :

  • Perceptible : l’information doit être présentée de façon à être perçue par tous (textes alternatifs sur les images, sous-titres sur les vidéos…)
  • Opérable : l’interface doit pouvoir être utilisée sans souris, uniquement au clavier
  • Compréhensible : le contenu et la navigation doivent être clairs et prévisibles
  • Robuste : le site doit fonctionner avec les technologies d’assistance (lecteurs d’écran, plages braille…)

Les WCAG définissent trois niveaux de conformité : A (minimum), AA (recommandé pour la majorité des projets) et AAA (niveau avancé). En pratique, c’est le niveau AA qui est exigé par la plupart des législations, dont la française.

Le RGAA : la version française, officielle et obligatoire

Définition

RGAA

Le RGAA (Référentiel Général d’Amélioration de l’Accessibilité) est la transposition française des WCAG. Élaboré par la DINUM (Direction Interministérielle du Numérique), il traduit les principes internationaux en 106 critères concrets, testables et vérifiables, adaptés au contexte légal et technologique français.

Concrètement, là où le WCAG vous dit quoi faire, le RGAA vous dit comment le vérifier. Chaque critère est accompagné d’une méthode de test précise, ce qui laisse peu de place à l’interprétation.


Le RGAA est obligatoire pour les organismes publics depuis la loi du 7 octobre 2016. Depuis l’ordonnance de septembre 2023, les grandes entreprises privées sont également concernées. Et depuis juin 2025, le périmètre s’est encore élargi avec l’entrée en vigueur de l’European Accessibility Act.

La vraie différence entre RGAA et WCAG

On pourrait croire que RGAA et WCAG sont deux façons de dire la même chose. En réalité, ils ne jouent pas dans la même catégorie.

WCAG

Norme

Il pose les principes universels de l’accessibilité, indépendamment des technologies utilisées. Son approche est conceptuelle, parfois abstraite, et laisse une marge d’interprétation aux auditeurs.

RGAA

Méthode

Il prend les principes du WCAG et les traduit en procédures de test précises. Deux auditeurs qui appliquent le RGAA sur le même site obtiendront les mêmes résultats, ce qui n’est pas toujours le cas avec le WCAG seul.

Démystification

Exemple concret

Un bouton d’appel à l’action (cta) peut passer un audit WCAG sans problème, et échouer à l’audit RGAA parce que sa sémantique HTML ne correspond pas exactement aux attendus du référentiel français. Le RGAA est plus strict, plus précis et pour un site français, c’est lui qui fait foi devant la loi.

European Accessibility Act : ce que ça change pour vous en 2026

Définition

EAA

L’EAA 2025 (European Accessibility Act) est la directive européenne qui a changé la donne pour les entreprises privées. Entrée en application le 28 juin 2025, elle étend les obligations d’accessibilité numérique bien au-delà du secteur public.

Sont désormais concernés : les sites e-commerce, les plateformes de services en ligne, les banques, les opérateurs de télécommunications, les services de transport… En clair, une très large partie des entreprises qui proposent des services numériques au grand public.

Les sanctions en cas de non-conformité RGAA peuvent atteindre 50 000 € par an. Et selon les dernières données disponibles, seuls 4 % des sites publics français étaient conformes en 2025, autant dire que le chantier est immense, y compris dans le privé.
Si vous n’avez pas encore évalué l’accessibilité de votre site, 2026 est l’année pour agir.

WCAG, RGAA et EAA : comprendre leurs liens

Comment se mettre en conformité ?

La mise en conformité RGAA ne s’improvise pas, mais elle se structure.

Conclusion : RGAA ou WCAG, par où commencer ?

RGAA et WCAG ne sont pas des adversaires : ils sont complémentaires. Le WCAG pose les bases universelles, le RGAA les applique au contexte français avec une rigueur juridique et technique supérieure.


Pour une entreprise française, la réponse est simple : concentrez-vous sur le RGAA. En étant conforme au référentiel français, vous serez automatiquement aligné avec les WCAG 2.1 niveau AA — et donc avec les exigences de l’European Accessibility Act.

L’accessibilité numérique est aujourd’hui un enjeu légal, éthique et commercial. C’est aussi un levier SEO souvent sous-estimé : un site bien structuré et accessible est un site que Google comprend mieux.

Vous souhaitez savoir où en est votre site ? L’équipe d’Agence e+p réalise des audits d’accessibilité et vous accompagne de l’analyse à la mise en conformité.